Voyage en Arménie 2008 Retour à Erevan 15 juillet

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Mardi 15 juillet

J’entends chanter un coq à quatre heures du matin, puis me rendors jusqu’à huit heures. Il faut beau et chaud malgré quelques nuages. Tristan veut inaugurer le jeu de backgammon acheté à Erevan. Il est vainqueur et n'est pas peu fier ! Nous prenons le petit déjeuner tous ensemble sous la véranda, derrière la maison. La maîtresse de maison a préparé un repas complet avec des crudités et des gâteaux. On se régale aussi avec des beignets faits de carottes, de pommes de terre et courgettes rapées et liés avec de l’œuf. Puis, nous saluons nos jeunes amis qui doivent rester deux jours avant d’aller à Goris. Nous leur recommandons Tatev, bien sur.

Le café de là-bas...

Nous remercions notre hôtesse pour son accueil en lui disant que nous aimerions revenir un jour.

En sortant de la ville, Evelyne insiste pour retourner à Noravank que je n’ai pas vu hier. D’accord ! Sur la route qui part sur la gauche, nous voyons marcher un couple, sac au dos. On décide de les prendre avec nous pour leur épargner une montée de cinq kilomètres sous le soleil. Ils acceptent avec plaisir. Ce sont deux polonais qui nous parlent en français ! Je leur dis « dzen dobry » qui veut dire « bonjour » dans leur langue. On échange des impressions sur le pays et eux aussi sont contents de ce voyage en stop qui disent-ils, favorise le contact avec les habitants, très hospitaliers. Ils racontent une soirée festive où les hôtes ont tué un agneau pour des grillades succulentes et des plats variés arrosés de nombreux toasts.

Vue autour de Noravank, spectacle d'une nature un peu sauvage.

Sur la façade, il y a un étroit escalier sans barrière, permettant d’accéder à la partie haute mais pour moi c’est trop dangereux. Je renonce alors que de vieilles dames y vont courageusement.

  Même ici, le téléphone sonne pour des nouvelles de France !

Nous repartons avec nos polonais et les quittons au carrefour.

Ils vont vers Goris. Nous leur recommandons la visite de Tatev.

 

 

 

 

 

 

La route est assez bonne sans trop de véhicules mais parfois un camion se traîne et on en voit aussi en panne. Sous un pont, vente de pastèques. Nous sommes très près de la frontière du Nakhitchevan, territoire azéri, enclavé avec la Turquie. Plus au nord, c’est la rivière Arax qui constitue une frontière naturelle avec cette dernière.

Notre objectif est d’aller à Khor Virap et voir le mont Ararat. Ce lieu mythique est celui de la dernière scène du film « Voyage en Arménie ». C’est aussi le fond d’écran de mon PC et la page d’accueil de ce site.

Après avoir roulé dans une plaine où le vignoble est roi, nous approchons du monastère visible de loin. Une déception, le mont Ararat est perdu dans les nuages.

Khor Virap est perché sur une colline. Il faut garer la voiture et monter par des escaliers. Nombreux touristes en majorité des arméniens en famille. Après la visite du monastère, je vais du coté de la boutique de souvenirs et entends le bruit caractéristique de dés roulant sur le bois du « nardi » jeu de backgammon, maintenant répandu dans le monde entier.

J’entre et vois deux hommes jouer rapidement sans se soucier de mon intrusion. Ils ont l’habitude c’est sûr…Ils accèptent la photo, sans poser.

Notre visite sera assez courte et nous devons reprendre la route pour aller à Garni.

 Khor Virap est un lieu où le touriste est plus sollicité que d’autres. La famille Lanneluc l'a remarqué l'an dernier ! On nous propose un lâcher de pigeon. Pour mille drams, on laisse s’envoler un pigeon qui revient rapidement à son point de départ. Les systèmes D foisonnent dans un pays qui a beaucoup de besoins. Même le parking serait payant mais on ne le voit nulle part en arrivant. En partant, un homme affublé d’un brassard rouge au bras vous demande de payer. Nous avons déclaré ne pas avoir de monnaie et sommes partis sous le regard sombre du soi-disant gardien.

Nous roulons sur une quatre-voies avec possibilités fréquentes de  demi-tour...et le danger que cela comporte !

Notre but suivant est le célèbre temple de Garni…que nous n’atteindrons pas !

Sur notre carte est indiquée une route contournant Erevan en direction d’Abovian avec une bifurcation vers Garni. Nous ne la trouvons pas. Au bord de la route une vieille Lada stationne avec sur le capot, des pots et des bouteilles plastiques de Pepsi, dont on ne saura pas le contenu. Un homme qui semble avoir mon âge, en sort lentement et lorsque qu’il apprend que nous venons de France, se met à raconter sa vie. Sa mère est arrivée à Marseille en 1922 (même date que mes grands-parents), y a étudié et en est repartie en 1936 à l’appel la propagande vantant le bonheur des pays communistes. Cela s’appelait le « Nerkarht », le retour à la mère patrie. Il y eut aussi un second et dernier départ en 1947, mais ce fut à la pire des périodes de famine et dénuement de l’URSS.

Je ne peux m’empêcher de citer ici un fait réel. La tante de mon père y retourna avec son fils en 1947. Quelques temps après, un courrier nous parvint et disant en gros : "Nous sommes bien installés ici et nous avons eu le bonheur de retrouver oncle Ovhannes, notre cousine Arminé et bien d’autres de la famille". Sachant que tous les courriers étaient vérifiés, notre tante avait trouvé le stratagème pour nous signifier qu’ils étaient en enfer car tous les noms cités étaient ceux de gens décédés depuis longtemps !

Nombreux furent les Arméniens à revenir en France par tous les moyens possibles.

 L'homme nous dit que la route partant sur la droite est très accidentée sur 700 mètres mais qu’après, nous devrions rejoindre celle de Garni. Nous voici repartis sur un chemin raviné et caillouteux bordé de détritus. En fait, il en sera ainsi pendant des kilomètres interminables où nous allons avancer parfois par centimètres !

Sur la droite, nous voyons un chemin qui monte en direction d’un village avec des maisons tristes. Nous y allons, espérant trouver quelqu’un qui puisse nous renseigner, mais pas âme qui vive.

On se croirait dans un film d’épouvante, comme si un cataclysme avait anéanti les lieux. Nombreuses sont les maisons détruites, d’autres fermées. Arrivés en haut, nous faisons halte à une croisée de chemins. On entend un bruit de marteau. Evelyne appelle et au bout d’un moment, nous voyons arriver un vieil homme coiffé d’une casquette. Il nous dit qu’il est inutile d’aller plus loin et mieux vaut redescendre, poursuivre la route en espérant trouver celle de Garni. Nous repartons, les tripes nouées, les dents crispées, mais sans dégâts. Un peu plus loin, nous voyons deux hommes près de quelques vaches qui confirment que la route de Garni est plus loin. Et c’est encore une chaussée défoncée qui nous attend avec des camions apportant des détritus jetés dans un ravin fumant. Il faut préciser que nous sommes très proches d'Erevan. Nous pensons être à la fin de nos peines car, enfin voici un panneau indiquant Garni. Mais trop fatigués, nous n’avons plus envie d’y aller. Evelyne a conduit presque tout ce trajet pénible et je suis le premier à abandonner le projet de visite.

Nous préférons rentrer à Erevan un jour plus tôt pour retrouver le confort de l’hôtel. La circulation en cette fin de journée est intense, pénible à cause de la chaleur. Enfin, nous avons la chance de retrouver la même chambre à l’hôtel Aviatrans. Nous garons la voiture dans une petite rue transversale et là aussi, nous avons affaire à un « parcmètre vivant » ! L’homme posté au coin, nous réclame des drams en échange de la surveillance du véhicule. Je lui réponds que la voiture n’est pas à nous.

Je pense que nous sommes les seuls touristes à être passés par où nous venons de le faire et ne peux donner qu’un conseil : si vous allez à Garni, partez de Erevan, c’est très bien indiqué !

Après une douche et un repos bien mérité, nous allons sur les indications du jeune couple belge à la recherche du restaurant le « Caucase ». Il est situé au bout de la rue « Hanrabedoutioun » (République). Le décor est typique, la carte très variée, les prix modiques. Avec sept à huit euros par personne on mange bien, boisson comprise, cette année du moins…

On va se promener au centre ville parmi la foule nombreuse où les touristes se remarquent facilement. Comme chaque soir, sur la place de la République, il y a le spectacle musical des jets d'eau.

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 12/02/2014

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