Voyage en Arménie 2008 Sevan 11 juillet

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Vendredi 11 juillet

Réveil avec le chant du coq car il faut dire que derrière l’hôtel, se trouvent quelques maisons au toit de tôle et près du parking, un poulailler. L’orage de la veille a rafraîchi la température, le ciel est couvert. Nous partons pour Sevan et reprenons la route en sens inverse avec les trois tunnels cauchemardesques. La route est bonne et le temps meilleur car le vent a balayé les nuages.

 

Tout le long du trajet, il y a des vendeurs de fruits et sur cette portion, nous remarquons des vendeurs de carottes et maïs, production locale.

Nous nous arrêtons près d’un petit garçon tout blond et quand je lui parle en arménien, il semble ne rien comprendre. Je lui dis « Ruski ? », il acquiesce. Je lui donne une pièce. A quelques mètres, une petite fille nous observe et nous ne pouvons faire autrement que lui donner une pièce aussi. Nous repartons alors que le garçon se précipite auprès de la fille qui doit être sa sœur, pour comparer les dons. Il semblerait que la région soit encore très influencée par la russification car l'enseignement de l'arménien fut longtemps passé au second plan.

 

  

Au bord de la route comme presque partout où nous sommes passés, des panneaux citent un slogan pour les Jeux Olympiques. Je peux traduire : "Rejoins-nous et gagnes un voyage pour Pékin". Un concours ?

 

 

 

 

 Nous arrivons à Sevan vers 13 heures. Il fait chaud. Nous avons rendez-vous avec la famille de Mehr. Merh est un jeune garçon de 14 ans qui a passé une semaine chez nous en avril dernier. Il faisait partie d'un groupe de jeunes garçons et filles de Erevan et Sevan venus en France à l'initiative de l'association France-Russie CEI.                           

Nous appelons la famille de Merh d’un poste à essence où nous faisons le plein. Son père Kévork arrive très vite avec une BMW et nous précède en direction d’un restaurant. Nous voici avec trois hommes déjà attablés qui connaissent bien notre hôte. Ce sont des collègues de travail.

C’est un accueil chaleureux et nous prenons un repas  pendant lequel les toasts à l’eau-de-vie de divers fruits vont se succéder. On trinque pour toutes les occasions, les personnes présentes, celles absentes, la France, l’Arménie, les aïeux… Nous parlons de nos pays respectifs. Mon voisin de droite qui se prénomme Roland, déclare que nous sommes chez nous ici aussi. Il a des origines assez diverses : père azéri, mère grecque et finalement arménien !

Je trouve qu’il a une ressemblance avec l’acteur Serge Avedikian qui entre autres, joue le rôle d’un méchant turc dans Aram. J’annonce son film récent « Nous avons bu la même eau ». Arrivée de Merh, son frère Dikran et Arpiné leur cousine qui parle bien le français. On se serre autour de la table. Le papa de Merh dit alors que j’ai un air de Charles Aznavour et c’est ainsi que je me lance à chanter « Emmenez-moi ». Evelyne est très émue, moi aussi. Applaudissements et toasts pour cette prestation. J’enchaine avec « Deleyaman » qui a fait le tour du monde...

La voici chantée par une amie, Angèle Garabédian, artiste que vous pouvez découvrir sur mon site. 

 

et « Tou anmerh iés » chanson d’amour très connue.

Pendant ce temps, le serveur apporte les grillades de porc et d’agneau. C’est un repas pantagruélique ! Il y a aussi du poisson grillé. Le tout est succulent, parfumé, goûteux.

Nous terminons le repas et tous ensemble, nous repartons dans deux voitures. Roland a un 4X4 Pajero flambant neuf. Il nous faut réserver une chambre. Ce sera une suite dans l’hôtel Bohémians quasiment les pieds dans l’eau du Lac Sevan. Grand confort et piscine entourée de transats où l'on peut bronzer à volonté.

Nous repartons vers le nord du lac par des routes défoncées vers une source réputée pour son eau pure. Arrêt sur le flanc de la colline pour expliquer que la presqu’île où se trouve le monastère était à l’origine une île car le niveau du lac était de 18 mètres supérieur quarante années avant. Les travaux d’irrigation et le pompage en furent la cause. A présent, ce phénomène est maîtrisé et le site a changé définitivement.

 

 

C’est ainsi qu’une nouvelle route a été construite bien plus bas que celle, en mauvais état, où nous sommes pour monter vers la source. L’endroit est difficile d’accès mais cela en vaut la peine. La vue est superbe !

Nous arrivons devant une vieille cabane devant laquelle coule la source, une eau très fraîche que nous buvons à tour de rôle. Un cheval sellé est attaché, moyen de locomotion écologique. Dans la cabane tapissée d’images pieuses, deux hommes âgés, édentés et barbus nous accueillent tout simplement. Comme dans tous les lieux de piété, on allume un cierge pour se recueillir un moment. On boit à nouveau avec plaisir l’eau de source d’une pureté rare. Je m’asperge la figure comme pour me purifier de mes péchés. Je dis aux deux gardiens que nous venons de France. Leur visage est radieux, ils sont fiers de nous saluer et nous souhaitent la bienvenue en Arménie. Je déclare que ce pays a besoin de plusieurs générations, dans la paix, pour aller vers un progrès notable. Ils acquièscent en disant qu'eux ne seront pas là...moi non plus d'ailleurs !

 

Vue de la cabane de la source.

Nous redescendons le sentier abrupt et rejoignons la route qui mène sur la presqu'île.

La maman de Merh, Nara, et son frère Dikran nous ont rejoints. Quelques dizaines de marches et nous voici au monastère de Sevanavank, constitué de deux églises, le mot "vank" désignant "couvent". Dans la plus grande, un prêtre est en train d’officier. Cérémonial des cierges et moment de recueillement. Nous croisons des touristes allemands, anglais. Tout le monde photographie, filme. Le long des escaliers des marchands proposent des statuettes, tableaux, miniatures et autres objets artisanaux.

 

J’achète à un jeune homme au visage buriné par le soleil (photo), une statuette de tuf rougeâtre représentant une femme et son enfant. Malheureusement, le voyage en valise est souvent fatal pour ce genre d’objet et je la retrouverai en plusieurs morceaux à l’arrivée.

Retour à l’hôtel pour que nous puissions prendre un peu de repos.

Soirée au restaurant de l’hôtel où il y a peu de clients, dans une salle immense comportant une piste de danse. La table est vite garnie de toutes sortes de légumes, fromages, et le lavash fine galette de pain, cuite  depuis l'origine et encore dans les campagnes, dans un four (tonir) creusé dans la terre. Un vin, le Vernashen, véritable nectar, accompagne le repas. Nous nous séparons de nos hôtes, mais rendez-vous est pris pour une promenade sur le lac dans la matinée.

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Date de dernière mise à jour : 12/02/2014

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